30 août 2008
L'article de Paris Match sur les photos d'Avedon
Un scandale ? Non un choc
LE RETOUR D'AVEDON

Dix ans après, pour son retour à la mode, Richard Avedon a frappé fort. En pleine semaine des collections à New York, ses sublimes variations surréalistes sur la beauté et la mort ont été ressenties comme une gifle. Ses photos du mannequin Nadja Auermann en compagnie d'un squelette n'ont pas été publiées dans un magazine de mode mais, sur 26 pages, dans le "New Yorker", la bible des intellectuels américains. Elles n'étaient accompagnées d'aucun texte (pour les légendes de mode voir p. 39). Avedon leur a cependant donné un titre : " A la mémoire de feu M. et Mme Confort ". Sans commentaire, fatalement.
LE GRAND PHOTOGRAPHE AMERICAIN NOUS OFFRE UNE FABLE OU SE MELENT L'AMOUR, LA MODE ET LA BEAUTE MACABRE.
Texte de l'article publié dans le Paris Match du 30 novembre 1995, pages 98 à 105, avec plusieurs photos issues de la série " A la mémoire de feu M. et Mme Confort ". En France, ce sera la seule publication couleur des photos que Richard Avedon venait de publier dans le New Yorker. Dans le Libération du 11 novembre 1995, un article de Christian CAUJOLLE relatera l'évènement en demandant à plusieurs créateurs de mode de réagir aux images de R. Avedon.
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22 août 2008
Jim Goldberg, photographie et manuscrits

"Mon travail repose sur la confiance", explique Jim Goldberg et on veut bien le croire. Chaque photo en apporte la preuve. "Je n'arrive pas à travailler correctement en me contentant de mitrailler mon sujet, même si certains diront le contraire. J'ai vraiment l'impression que l'intimité et la confiance me guident dans mon travail".
Entré chez Magnum Photos en 2002 en tant que membre associé, Jim Goldberg en est devenu membre à part entière en 2006. Pourtant, sa façon de raconter la réalité n'a pas grand chose à voir avec le photojournalisme.
Après avoir étudié la photographie à l'Art Institute de San Fransisco, Jim Goldberg se met à combiner image et texte pour essayer de manifester une réalité humaine dans toute sa profondeur. Le livre Rich and Poor, publié en 1985, est le fruit d'une divagation entamée en 1977 à travers le monde des chambres d'hôtels miteuses avant de se poursuivre dans les intérieurs opulents de la bourgeoisie américaine.
Ce livre prend la forme d'une série de portraits, chaque photo étant accompagnée de notes manuscrites décrivant les réactions ou les émotions ressenties par le sujet lorsqu'il s'est retrouvé confronté à sa propre image. Cette juxtaposition des deux extrémités de l'échelle sociale est le résultat d'une étude approfondie du mythe américain, qui explore le portrait de manière innovante, en montrant bien sûr l'apparence extérieure de l'individu, mais aussi ses pensées intérieures, afin de le représenter dans sa plus totale globalité.
Jim Goldberg poursuit cette approche intime dans Raised by Wolves, un autre livre étourdissant où il explore les origines de la délinquance juvénile aux États-Unis. L'objectif de Goldberg a suivi plusieurs adolescents rencontrés dans les rues de Los Angeles à la fin des années 1980 et au début des années 1990. Ces jeunes s'ouvrent sans complexe au photographe ; beaucoup se révèlent terrifiés par la violence, d'autres font part de leurs espoirs et ambitions. En combinant photos, interviews, notes personnelles et fac-similés, Goldberg parvient à produire une sorte de scrapbook d'émotions brutes.
Le travail de Jim Goldberg est sollicité par de nombreux magazines, tels que "Details", "George", "Flaunt", "Nest" et "The New York Times Magazine". Il expose depuis plus de vingt ans. Son travail auprès de différentes sous-cultures sociales et sa manière innovante de combiner images et texte font de lui une icône de la photographie contemporaine. Il travaille actuellement sur une autobiographie fictive et prépare un reportage sur les immigrés en Grèce. Il est également professeur d'art au College of Arts and Crafts (Arts et Métiers) de Californie.
16:04 Publié dans Jim Goldberg | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : photo, photographie, littérature, photolittérature
I'll teach you how to fuck
SEX est le titre d'un livre hors-normes conçu et écrit par Madonna en 1992, où textes et photos servent de matériaux à un livre d'initiation et de fascination sexuelles. Steven Meisel, un photographe habitué des revues de mode, en signe les photographies, prises lors du tournage en Super 8 réalisé par Fabien Baron pour accompagner la sortie de l'album Erotica.
Le livre explore la surimpression des textes et des photographies pour recenser les différents territoires du sexe et du désir. Différentes qualités de papier et l'aspect expérimental de certaines pages font de ce livre une expérience-limite et, aujourd'hui, un objet de collection racontant le sexe dans toutes ses variations et dérives.

Les textes de SEX sont signés par un personnage nommé "Dita", que Madonna incarne à l'image. Le nom évoque l'actrice Dita Parlo,
vedette du cinéma allemand sous la République de Weimar, avant de tourner sous la direction de Jean Vigo dans L'atalante (1933) et de Jean Renoir dans La grande illusion (1936). Les autres personnages du livre sont incarnés par Naomi Campbell, Isabella Rossellini, Big Daddy Kane, Vanilla Ice, Joey Stefano, Udo Kier, Tatiana von Furstenberg et Ingrid Casares.
Le livre a été produit malgré l'opposition de la Warner Bros. avec qui Madonna était sous contrat. Un accord a donc été signé qui interdisait les photographies dépeignant l'imagerie religieuse, la bestialité, ou la pornographie infantile. Le livre contient néamoins deux images violant cet accord, et certaines photos du livre ont été volées, puis récupérées par le FBI, de telle manière que le livre était déjà une légende avant même sa parution.






Sex, 1992.
Madonna & Steven Meisel
Edts Vade Retro, New York, 1992
ISBN 0-446-51732-1
13:50 Publié dans Autofiction visuelle, Love diary, Madonna, Steven Meisel | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : photo, photographie, littérature, photolittérature

















