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18 novembre 2009

La photolittérature est une émeute

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Regardez : le Taraf Zélie Bordela est là pour diffuser des messages en direct. De la photolittérature intime et amoureuse, pour raconter les sentiments qui se mélangent à la pensée. Messages divergents, propagande intempestive - et dans cette violence inévitable qu'entraine ce qui surgit d'imprévu.

La photolittérature est peut-être une émeute, en tout cas un désordre dans le règne absolu des images. Le corps y jette une langue secrète et éruptive, plus expéditive que la poésie en direct, plus littérale aussi avec les yeux pour avancer. Pure propagande amoureuse.

Peut-être qu'en s'épanchant sous nos yeux, la littérature n'attendait que de s'accoupler encore une fois. La photo pourrait lui servir de putain, vite fait bien fait la nuit dans les rues. Pure propagande, presque sexuelle maintenant

27 juillet 2009

Jean-Christian Bourcart - CAMDEN, NJ : La beauté est dans la transgression

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CAMDEN, NJ

L'exposition de J.C. Bourcart aux Rencontres d'Arles allie des textes manuscrits aux images, punaisés au mur côte à côte. Les textes racontent avec précision le contexte et la situation dans lesquelles les photos ont été prises, ainsi que les relations et les dialogues qui peuvent accompagner la prise de vue. Parfois il y a du danger ("Cela semble absurde, mais j'ai juste cherché sur le Web "The most dangerous city in the USA"", raconte J.C. Bourcart dans le texte qui accompagne l'exposition.), parfois seulement de l'incompréhension mais les textes transforment l'image en micro-récit où intervient le photographe, sa fatigue et sa peur par exemple.

Dans un entretien réalisé avec Hélène Chouteau, Jean-Christian Bourcart donne cette définition un peu expéditive de la beauté : " Pour moi, la beauté est dans la transgression, le questionnement des interprétations, la conceptualisation de nos perceptions. Il faut être à la fois happé par la vie des images et en même temps, se rendre compte que ces dernières n’ont pas de fondement en elles-mêmes." (Catalogue du Jeu de Paume, 2007). Et c'est la sensation que parvient à donner l'accrochage d'Arles : On peut non seulement comprendre comment naissent les photographies, de quelle obstination et de quelle mise en danger, mais aussi qu'il s'agit d'un travail. On comprend mieux aussi le procédé qui opère pour qu'elles puissent ainsi nous happer. Le procédé est ancien, analysé par quantité d'ouvrages traitant de la photographie à tel point qu'on croit savoir exactement ce dont il retourne. L'effet de vérité n'est pas seulement un vieux concept usé jusqu'à la trame, c'est aussi l'effraction vivace d'une image à l'intérieur de nos pensées. Et que l'image soit ici accompagnée des mots qui en racontent la saisie lui donne une double face, un côté pile et un côté face qui en redoublent l'impact, élargissent la fissure nécessaire pour que ces visages et ces phrases puissent former une petite constellation mentale, une figure psychique capable de happer la pensée à l'intérieur de son orbite.

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22 septembre 2008

La pensée, l'émotion (I)

C'est un texte de Michel Foucault à propos des photographies de Duane Michals. Un texte important, publié une première fois dans le catalogue de l'exposition Duane Michals au Musée d'art moderne de la ville de Paris (1), et plus récemment dans les Dits et écrits II, 1976-1988 (Quarto Gallimard, 2001).
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La pensée, l'émotion 

Je sais qu'il ne convient pas de raconter une photographie. A n'en pas douter, c'est le signe qu'on est peu habile à en parler; car de deux choses l'une : elle ne raconte rien et le récit l'altère; ou, si elle raconte, elle n'a nul besoin de nous. Pourtant, les photos de Duane Michals me donnent l'indiscrète envie d'en faire le récit, comme on a envie maladroitement de raconter ce qui ne peut l'être : un plaisir, une rencontre qui n'a pas eu de lendemain, une angoisse déraisonnable dans une rue familière, la sensation d'une présence étrange à laquelle nul ne croit guère, et moins encore ceux à qui on la raconte.

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