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10 mars 2009

Histoires vraies

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Histoires vraies, les mises en scène photographiées de Delphine Balley semblaient annoncer, en 2006, une rigoureuse exploration du romanesque. Au fil des ans, son travail n'a pas dévié de sa première fascination. A partir du 12 mars 2009, elle expose d'autres chapitres des histoires vraies à Chambery, sur les cimaises de l'Espace Malraux.

Voici le texte qu'elle écrivait en 2006, à l'occasion des premières Histoires vraies :

Histoires vraies
(tirages lambda d'aprés négatifs sur papier Hannemuhle, formats divers)

« Durant la première phase de préparation, j’ai pris en note de nombreux faits divers rédigés sous forme de brèves, voire d’aphorismes. Félix Fénéon, chroniqueur au Matin, a été une source privilégiée, ainsi que le travail du poète américain Reznilkof. Toutes les histoires sélectionnées sont tirées de faits avérés mais réduits à l’essentiel.
« Après avoir fait le tri d’histoires vraies, et sélectionné les plus évocatrices à mon goût, j’ai dressé une liste de gens qui allaient me servir de comédiens : des inconnus croisés ici et là, des connaissances, des amis. Des gueules qui seraient la seconde matière première de ce travail de reconstition de faits divers.
« Du moment où j’ai eu les textes, réécrits pour les rendre toujours plus compacts, et un certain nombre d’acteurs d’accord avec la démarche de poser en assassins ou en maniaques, la troisième étape a été de repérer des lieux où auraient pu se commettre les histoires. Parfois il a semblé intéressant de conserver le sujet dans son intérieur, en accentuant certains détails. D’autres fois il était nécessaire de le sortir de son décor intime et de le remettre en scène ailleurs. Le travail sur la lumière a été particulièrement long et fastidieux, afin de faire coïncider l’atmosphère à ce que j’imaginais. Ma mère et Emmaüs ont été mes accessoiristes privilégiés.

« Si cette série ne s’intitule pas Faits divers mais Histoires vraies, c’est que je n’ai pas essayé de reconstituer le fait divers en lui-même, dans sa dimension spectaculaire. Au contraire, j’ai voulu ajouter à ces courts textes une image qui servirait d’indice, voire de preuve pour que les spectateurs puissent mener leur propre enquête. Les instants proposés ne représentent donc pas l’acmé de l’action, mais un avant ou un après dans l’action. On ne voit jamais le crime se commettre, mais le crime est présent quelque part, en amont ou en aval de l’image.
« Certaines photographies font nettement penser à des reconstitutions policières, avec des acteurs jouant le rôle des victimes. D’autres semblent au contraire tirées d’albums de famille, en tout cas réalisées avant le crime et comme plus tard ajoutées au dossier. Enfin certains clichés pourraient avoir pour origine le criminel lui-même, posant pour la postérité, le crime une fois commis – je pense notamment à la photographie de la Veuve noire.
« Tous ces clichés proposent une nouvelle dimension à l’histoire. Le texte et l’image se complètent pour permettre au spectateur de compléter le drame. »

Delphine Balley

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